La multiplication des écrans dans les foyers peut entraîner des pratiques excessives, voire dangereuses.

« Si l’on ne peut pas vraiment parler d’addiction, au sens d’une dépendance qui nécessiterait un sevrage, certains enfants et adolescents peuvent développer des comportements particulièrement toxiques vis-à-vis des écrans », explique le docteur François-Marie Caron, pédiatre à Amiens et spécialiste des écrans pour l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA).

Première conséquence d’un usage excessif : des nuits agitées et un sommeil peu réparateur.

Les signes qui doivent alerter

Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle important sur le manque de sommeil. Via leur smartphone, nombreux sont les ados qui échangent jusque tard dans la nuit. « La lumière diffusée par les écrans fait baisser la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, ce qui retarde l’endormissement » précise le médecin.

Souvent, ce sont les résultats scolaires qui en pâtissent. « La chute des notes à l’école doit alerter les parents. Si l’utilisation qu’un enfant a des écrans ne lui permet plus de faire correctement ses devoirs, de suivre en classe ou d’avoir une heure d’activité physique par jour, il faut s’interroger. »

Chez les plus jeunes, l’usage excessif des écrans induirait également des troubles du développement (retard dans l’acquisition du langage, troubles de l’attention et de la concentration).

La rupture des relations avec les copains, la décomposition des liens familiaux et l’isolement permanent dans sa chambre sont autant de signes à prendre en compte.

Dans ces cas-là, la consultation chez un médecin devient indispensable pour mettre en place de nouvelles pratiques.

Dialogue et fermeté

Pour éviter d’en arriver là, le dialogue est primordial. « Il faut parler avec lui de ce qu’il fait avec les écrans, de ce qu’il y trouve et de ce que cela lui procure » souligne le docteur Caron. Ensuite, des règles claires peuvent être fixées, comme l’interdiction des écrans à table, l’obligation de recharger le smartphone en dehors de la chambre durant la nuit ou les temps d’écran journaliers autorisés. Les règles établies devront bien sûr être respectées par toute la famille. Même si, parfois, quelques entorses pourront être tolérées, pendant les vacances par exemple.

Qu’est ce que la règle du 3 -6 – 9 -12 ?

Pour un bon apprentissage de l’usage des écrans, l’Afpa recommande aux parents d’appliquer la règle du « 3-6-9-12 ».

Avant 3 ans : privilégier les histoires et les jeux traditionnels et éteindre la télévision.

Entre 3 et 6 ans : fixer des règles claires sur le temps d’écran autorisé, respecter les âges indiqués pour les programmes télé, n’utiliser les écrans que dans le salon et privilégier les jeux numériques interactifs.

Entre 6 et 9 ans : en plus des précédentes règles, commencer à discuter avec son enfant de ce qu’il voit et fait avec les écrans et à l’informer sur ce que sont Internet et les réseaux sociaux.

De 9 à 12 ans : déterminer avec l’enfant l’âge à partir duquel il aura son propre téléphone mobile.

On décide aussi s’il a l’autorisation d’aller sur Internet et à combien de temps d’écran il a le droit dans la journée.

Après 12 ans : l’adolescent peut surfer seul sur Internet, mais en respectant des horaires déterminés.

On l’informe au sujet du téléchargement, des plagiats, de la pornographie et du harcèlement.

Les pédiatres poussent également les parents à couper le wifi et à éteindre les mobiles pendant la nuit.

D’après Delphine Delarue

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