Selon le rapport 2017 de l’Organisation Mondiale de la Santé, les épisodes dépressifs ont augmenté de 18% en dix ans. La prévention et le suivi des personnes en difficulté est plus que jamais une priorité. Face à ce constat, une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a créé un outil de prévention numérique, appelé StopBlues. Celui-ci a pour objectif de permettre à chacun de faire le point sur sa situation, de se renseigner sur les signes qui doivent alerter et de trouver de l’aide.

Lutter contre la honte et le déni

« La majorité des personnes qui vont mal ne consultent pas car elles sont dans le déni, constate Karine Chevreul, professeur de santé publique, directrice adjointe de l’unité Épidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables (Eceve) de l’Inserm et responsable du projet StopBlues.

Si elles vont voir leur généraliste, elles vont parler de leur mal de dos, mais pas de leur mal-être. Dans notre culture, ces  personnes sont perçues comme faibles alors elles ont honte de leur situation et n’en font pas état à leur médecin. » Or, tout le monde peut être concerné à un moment ou à un autre de sa vie. Le mal-être s’exprime de différentes manières selon les individus : anxiété, tristesse, fatigue, irritabilité, sentiment d’échec, comportements addictifs, isolement… Ces troubles, s’ils ne sont pas pris en charge, peuvent conduire à la dépression, voire à des idées suicidaires. « Avec le site et l’application, nous voulons « déstigmatiser » la souffrance psychique et permettre à chacun d’accéder anonymement et facilement à des outils pratiques », confirme Karine Chevreul.

S’auto-évaluer en ligne

« Pour sortir du déni, nous proposons aux internautes de se tester eux-mêmes », indique la responsable du projet. Différents quiz permettent d’évaluer l’état général de la personne, son bien-être mental, sa qualité de vie, mais aussi de repérer des troubles dépressifs ou anxieux. Les résultats des questionnaires  sont enregistrés afin que l’internaute puisse suivre l’évolution de son état psychologique. En parallèle, des vidéos permettent de s’informer sur ce que sont le blues, la déprime et le mal-être ainsi que leurs causes et leurs symptômes.

Le dispositif propose des solutions : « Nous encourageons les échanges avec une personne de confiance, que ce soit un  proche, un médecin, un professionnel ou un membre d’association. Une carte interactive permet d’ailleurs de trouver facilement un interlocuteur (professionnel ou association) à proximité de chez soi. Nous donnons la parole aux experts ainsi qu’à des témoins et nous proposons des actions simples pour aller mieux au quotidien. » explique le professeur.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site StopBlues.fr ou téléchargez gratuitement l’application depuis l’AppStore et Google Play

D’après Benoît Saint-Sever

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