En France, chaque année, près d’un millier de nouveau-nés (0,25%) sont atteints de surdité. Dans 40% des cas, le trouble est sévère et profond, avec de lourdes conséquences sur l’acquisition du langage oral et sur le développement socio-affectif de l’enfant. Trois quarts des ces surdités sont d’origine génétique (liées à une anomalie de l’oreille), les autres étant acquises au cours de la grossesse ou pendant la période périnatale.

Le nombre de cas ne cesse ensuite de progresser avec l’âge, la surdité touchant  6% des 15-24 ans, 9% des 25-34 ans, 18% des 35-44 ans et plus de 65% des plus de 65 ans. Il s’agit alors de surdités acquises au cours de la vie, suite à des traumatismes acoustiques, des maladies (otites chroniques dans environ 20 % des cas, tumeurs, etc.), des accidents (plongée) ou encore des toxicités médicamenteuses. La plupart de ces facteurs contribue à la destruction progressive de cellules qui jouent un rôle central dans les mécanismes de l’audition.

On recense trois principaux troubles de l’audition :

  • Les acouphènes,
  • La presbyacousie,
  • L’hyperacousie,

Qu’est-ce qu’un acouphène ?

Le terme « acouphène » désigne des bruits entendus de manière continue ou intermittente « dans l’oreille » ou « dans la tête » sans sources dans l’environnement.
Ce phénomène commun affecte environ 15% de la population à un moment ou à un autre de la vie. Dans 95% des cas, les acouphènes n’ont aucune gravité.
Les origines des acouphènes sont variées, mais elles sont le plus souvent liées à une perte auditive apparue suite à un traumatisme auditif ou à l’usure de l’oreille liée à l’âge. Elles peuvent s’accompagner d’une intolérance aux bruits (hyperacousie).

Comment réagit-on à un acouphène ?

Le retentissement de l’acouphène est très variable : de la simple gêne, à l’intrusion permanente selon les individus. Handicapant la vie quotidienne, l’acouphène peut affecter la qualité de vie (difficultés pour s’endormir, pour se concentrer) et provoquer des états d’anxiété pouvant mener à la dépression.

La prise en charge actuelle consiste d’abord à traiter la cause quand c’est possible : extraction d’un bouchon de cérumen, mise en place d’une prothèse d’osselet, extraction ou destruction d’un neurinome.

Les troubles associés

Troubles métaboliques ou hormonaux, stress, anxiété ou dépression doivent également être traités. Depuis les années 90, la prise en charge associe une « thérapie par le bruit » à une « guidance psychologique » consistant à expliquer au patient comment les acouphènes sont générés et traités par le cerveau pour prévenir les conséquences auditives et psychologiques de conduites inadaptées.

Selon la perte auditive et l’importance de la gêne, la thérapie par le bruit consiste en un simple évitement du silence ou bien en l’écoute quotidienne volontaire de bruits blancs ou personnalisés associée ou non au port de prothèses auditives. Les médecines non conventionnelles (sophrologie, hypnose) constituent une aide efficace pour lutter contre le stress. Dans les cas difficiles, le recours aux thérapies cognitives et comportementales peut s’avérer très efficace. Quoi qu’il en soit, pour apprendre à gérer ses acouphènes, il est important de leur accorder le moins d’importance possible, de mener une vie normale, en ne modifiant pas ses habitudes, si ce n’est de se protéger des expositions sonores excessives.

Qu’est ce que la presbyacousie ?

La presbyacousie est le vieillissement des cellules ciliées apparaissant naturellement avec le temps.

Comme l’ensemble du corps, le système auditif vieillit et ses fonctions régressent ; les différentes parties de l’oreille sont concernées mais c’est l’atteinte des cellules sensorielles situées dans l’oreille interne qui provoque les plus sérieux tracas.
En effet, leur dégénérescence, puis leur disparition, entraînent une diminution progressive des capacités auditives.

Certes, la presbyacousie apparaît avec l’âge, mais elle résulte aussi des actions conjuguées de facteurs nocifs, tels que la prise de médicaments toxiques pour l’oreille (ototoxiques), l’existence de certaines pathologies, et surtout l’exposition au bruit.

Les niveaux sonores élevés, liés à la vie professionnelle ou aux loisirs, entraînent l’apparition prématurée d’une presbyacousie. Pour préserver l’avenir il faut, tout au long de la vie, se protéger des sons violents.

  • Premiers signes de presbyacousie, que dois-je faire ?

La presbyacousie apparaît de façon progressive et insidieuse et, le plus souvent, le sujet n’a pas conscience de la dégradation de son audition.

L’indice le plus sûr d’apparition de la presbyacousie est la difficulté à comprendre la parole :

  • lorsqu’on se trouve en réunion de travail
  • lorsque l’on n’est pas proche ou en face de celui qui parle

Dès que l’on a conscience de difficultés auditives, il est recommandé de consulter un spécialiste qui contrôlera l’audition, et en suivra l’évolution.

L’hyperacousie, une sensibilité exacerbée au bruit

L’hyperacousie se caractérise par une diminution du seuil de tolérance aux bruits d’intensité normale. Un son simplement désagréable en temps normal, comme le bruit d’une moto qui passe, devient intolérable pour quelqu’un souffrant de ce trouble. L’hyperacousie est un symptôme rapidement invalidant, avec pour éventuel conséquence le repli sur soi ou l’arrêt professionnel.

Les causes sont souvent dues à des traumatismes auditifs ponctuels (concerts, explosion…) ou répétés, de type exposition professionnelle (instruments de musique, élèves…).

L’hyperacousie peut aussi être la conséquence d’un traumatisme crânien, de médicaments toxiques ou être l’expression d’une autre pathologie (migraine…). Parfois enfin, aucune cause n’est retrouvée.

Comme pour les acouphènes, la prise en charge de l’hyperacousie fait également appel au médecin traitant, à l’ORL, à l’audioprothésiste et si besoin au psychiatre ou psychologue.

Consulter notre fiche santé sur ces troubles de l’audition

 

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