HYPOCONDRIE : DES SIGNES QUI NE TROMPENT PAS !

« À chaque apparition d’un ganglion ou d’une réaction cutanée, j’imagine le pire », confi e Estelle P., ingénieure dans les Bouches-du-Rhône.

Comme tous les hypocondriaques, un simple mal de tête chez Estelle déclenche une angoisse profonde.

Chaque manifestation du corps, aussi banale qu’elle soit, devient vite inquiétante.

Se rassurer au maximum

« Le plus souvent, je pense être atteinte d’une maladie incurable et mes enquêtes ne font que renforcer mon hypothèse. À partir de là, impossible pour moi de rationnaliser, je ne pense plus qu’à ça. » poursuit Estelle.

L’hypocondrie devient pathologique quand elle entraîne une détresse psychologique. Le patient essaie, en vain, de penser à autre chose. Il multiplie les recherches sur internet, les visites et examens médicaux, s’ausculte le corps de manière répétée pour tenter de se rassurer… ou au contraire évite soigneusement de côtoyer les médecins, quitte à négliger sa santé, pour éviter la « mauvaise nouvelle ».

La psychothérapie, un allié de choix

« J’ai consulté des dizaines de spécialistes et passé de multiples examens. Mais aucun médecin, même s’il me dit que tout est normal, ne parvient à me rassurer. Je me dis que si rien n’est décelé, c’est parce que la maladie n’en est qu’à son commencement ou que le laboratoire a échangé les résultats ! » explique Estelle. Pour les proches comme pour les médecins, difficile de rassurer un hypocondriaque. Ses craintes prennent généralement le dessus sur son raisonnement.

Lorsque la pathologie est devenue trop envahissante et commence à altérer les liens sociaux, une psychothérapie est alors recommandée.

Pour plus d’informations sur les thérapies comportementales et cognitives ou pour trouver un thérapeute près de chez vous, rendez- vous sur http://www.aftcc.org/

En quoi consiste une thérapie comportementale et cognitive (TCC) dans l’hypocondrie ?

Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) constituent le traitement de référence. Les antidépresseurs peuvent être indiqués en complément ou comme alternative chez certains patients, mais ils ne guérissent pas le trouble.

L’objectif d’une TCC est de rompre les mauvaises habitudes de la personne en ciblant ses croyances erronées sur la santé.

Pour cela, le thérapeute agit :

  • sur ses pensées, l’incite à remettre en question les pensées automatiques, obsédantes, en lui faisant prendre conscience de son comportement ;
  • sur ses agissements en la confrontant à des manifestations physiques qu’elle cherche à éviter car elles lui rappellent la crainte de la maladie. Par exemple, monter des escaliers pour ressentir des palpitations qu’elle associe à la crise cardiaque ;
  • sur ses émotions en pratiquant la relaxation pour mieux affronter les situations anxiogènes.

D’après Sandra Jégu

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